..Vallisnéria........

on est partout chez soi quand on porte tout en soi ETTY

samedi 7 novembre 2009

quelque chose de dur

qq_ch

C’est l’histoire d’une nana qui passait sa vie sur la défensive. Mutilée dans son cœur, mutilée dans son corps, et comment aurait il pu en être autrement ? Des fois, on démarre dans l’existence à perdre un temps fou, car toute l’énergie est consacrée à la survie, à la résistance, et une fois sortie du joug, tout est à commencer, à découvrir, à apprendre.

C’est l’histoire d’une nana qui n’arrivait pas à s’abandonner. Fallait toujours qu’elle garde le contrôle, voyez. Elle ne savait pas que c’était ça. Mais pourtant c’était ça.

Et puis un jour, elle l’a revu. Ça faisait tellement longtemps. Yavait eu, autrefois, une tentative de rapprochement de sa part à lui, il avait pris son visage entre ses mains et il bandait tellement fort qu’elle avait aperçu son petit bout rose qui sortait du pantalon.. mais elle l’avait planté là, elle était partie, elle avait eu peur, peur du pouvoir de ce désir pour elle, peur de la place qu’il voulait prendre, elle ne savait plus trop. Et leurs chemins avaient fini par s’écarter.

Puis yavait eu son coup de fil, cette surprise incroyable qu’il ait gardé son numéro de téléphone à elle. Que voulait il, après tout ce temps ?

La revoir.

Pour quoi faire ? elle s’en fichait pas mal de lui.

Il était au rendez-vous, au lieu dit, boulevard Denain.

Il était là, moins grand que dans son souvenir. Il pleuvait et les lumières se reflétaient sur les trottoirs mouillés.

Elle lui avait fait la bise, peut être, ou peut être pas, elle ne se rappelait plus. Il n’avait pas déjeuné, et elle, avait-elle faim ?

Non. Non. Elle voulait marcher, simplement marcher, sous la pluie.

Puis les mots étaient venus, par petits jets. Elle marchait beaucoup plus vite que lui, elle fuyait quelque chose sans doute, les mots qu’il disait, son intérêt pour elle, tout ce qu’il n’avait pas oublié. Son désir elle le sentait, son désir à lui de chercher ses hanches, de saisir sa taille tendre. Le cœur commençait à lui tourner.

La pluie s’était arrêtée.

Eux aussi.

C’est là que c’était arrivé.

Il l’avait prise dans ses bras, très doucement.

Elle n’avait pas bougé. C’était la première fois. La première fois qu’elle se laissait prendre ainsi, un peu comme si quelque chose de dur avait fondu, s’était ouvert, qui attendait.

Il la pressait contre lui, et tout doucement, sa joue rencontra la sienne. Et le temps s’arrêta. Et il se fit un grand silence intérieur, une suspension de toutes les pensées, de toutes les émotions, l’être entier à l’écoute de la naissance du miracle - ce miracle rare et précieux auquel nul ne peut résister : deux peaux qui se parlent.

fotocommunity

Posté par VALLISNERIA à 15:02 - back to the past - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 4 novembre 2009

ya longtemps

0_chimere_erotiq

Chers amis,

c’est Jori le premier qui m’en avait parlé, ya longtemps déjà .. puis d’autres parmi vous s‘y sont mis aussi.

Mais bon, bof, je me disais que j’écris juste pour le plaisir, comme ça quoi.

Puis d’un seul coup ça m’a pris, je suis allée sur le lien que Jori m’avait donné (je l’avais mis de côté à tout hasard) (le lien, pas Jori), et je leur ai proposé quelques textes.

Voilà.

Alors pour ceux qui ont remarqué que j’ai mis un logo ‘’droits d’auteur’’, vous vous êtes peut être dit que d‘un seul coup, jme la pète avec ce que j’écris. Ben non, pas du tout. C’est juste que, bon voilà, c’est drôle de penser que mes mots pourraient être dans un livre, ça me ferait tout bizarre.

Je vous tiendrai au courant s’il se passe quelque chose de nouveau ..

PS je n’écris plus beaucoup sur le blog mais ça n’a rien à voir avec ce qui précède. C’est juste un moment comme ça, un moment de vagues, vague à l’âme, vague au cœur .. comment vous expliquer cela.. je sens qu’il faut que je prenne mon temps, pour tout, que j’accepte de plonger et de replonger dans ce temps que je prends. Pour l’user, en quelque sorte.

Mais c’est pas parce que je suis moins présente que je vous oublie !

Posté par VALLISNERIA à 07:10 - entre nous - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 26 octobre 2009

ya pas

ya pas qu'le Q

dans la vie ..

34277746

mais bon Dieu

QU'C'EST BON !!!!!

samedi 24 octobre 2009

tu m'en ferais sûrement

Je sens le désir venir, je le sens qui s’installe. Il prend possession de moi, me glisse dessus comme une aile veloutée qui flotte à petits doigts légers sur mes seins de poupée, sur mon ventre gonflé, gonflé de toi, toi dont je rêve infiniment ..

et si tu étais là .. à mes côtés dans le lit .. si tu étais là, tout près .. je passerais ma main sur ton torse soyeux, sur tes bras, sur tes jambes.. Puis je me poserais sur ton vaisseau fuselé. Peut être serait-il tout tiède, tout petit tout mignon. Peut être rentrerait il tout entier dans ma bouche ? Je le tèterais avec délice.. Sais tu que je peux téter pendant des heures ? Je pourrais te sucer pour toute l’éternité.. jusqu’à en avoir mal, et des crampes aux mâchoires. Tu m’en ferais sûrement, s‘il te prenait le goût de te laisser aller..

Où poserais tu tes mains ? Saisiraient elles mes seins palpitant de plaisir dans le creux de tes paumes ?

Dis, est-ce que tu gémis quand on te suce ? Est-ce que tu te cambres pour rouler toujours plus loin sur les lèvres et envahir profond profond le berceau onctueux de la bouche ? est-ce que tu parles ? est-ce que tu cries ?

Ce_que_tu_me_fais

Qu’est-ce que tu dis ?

Posté par VALLISNERIA à 22:50 - mon petit coeur qui bat - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

vendredi 16 octobre 2009

Elle est curieuse Vallis

ecrire

Lorsqu’un lien particulier se noue à grand renfort d’échanges virtuels de plus en plus intimes, lorsque vous échangez tant et tant sans jamais vous caresser de la voix ni des doigts, est-ce que vous avez envie de passer à la rencontre réelle ?

Et si oui, réussissez-vous à faire abstraction de tout ce qui a été projeté et imaginé pour vous rendre sensible à l'imprévu d'un vrai regard, d'un vrai sourire ?

Posté par VALLISNERIA à 21:04 - entre nous - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 15 octobre 2009

ce blog est sous licence

Creative_Commons

Tous les écrits de ce blog sont mis à disposition par leur auteure Vallisnéria selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France.

Pour toute publication sur un site ou blog Web, ou pour obtenir des autorisations au-delà du champ de cette licence, je vous remercie de bien vouloir me contacter.

Posté par VALLISNERIA à 05:11 - entre nous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 14 octobre 2009

ça suffit

Chers amis,

J‘espère que vous avez bien profité de ma pause parce qu‘elle est déjà finie.

Quoi, je sais pas ce que je veux ?

Si je sais !

36785438

Nan mais.

Simplement, j‘ai la vague impression qu’il doit y avoir une mauvaise connexion in my cervelle. Chaque fois que je me mets en pause (et ça m’arrive souvent), ça fait l’effet inverse.

Ou alors j’ai un problème de zénitude. Enfin, de non zénitude plutôt. Je veux absolument écrire écrire écrire, et bien sûr comme par hasard juste parce que j’en ai envie j’y arrive pas. Ma cervelle n’en fait qu’à sa tête.

Eh bien je dis : ça suffit !

Telle est donc ma subtilissime décision :

j’arrête d’arrêter ce blog.

Ya des moments dans la vie où faut savoir plier langage.

Pour fêter ça, je vous prépare une petite causerie.

Vous pourrez amener les ptits fours.

Ne me remerciez pas, c’est pas la peine. Vous savez bien que je ne peux pas me passer de vous ..

Posté par VALLISNERIA à 07:11 - entre nous - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

mardi 13 octobre 2009

touche..

Touche..

Mets y les doigts.

Tu vois ?

PICT8227R1

as-tu trouvé la porte

qui n’attend plus que toi ?

N.B. chers fins et subtils visiteurs - vous êtes fins et subtils puisque vous venez sur ce blog - vous l’aurez constaté, j’ai modifié le suspens insoutenable de cette série de posts, et cela, dans le seul but de faire plaisir à mon Anisette.

Qu’elle en soit ici chaleureusement huée remerciée. :-)

Posté par VALLISNERIA à 06:53 - photos - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

lundi 12 octobre 2009

voilà..

Voilà, penche-toi, comme ça. Que je prenne ta nuque, que je sente ton cou... Ton odeur m’ennivre. Je meurs. Je meurs d’envie de toi. Tu ne me crois pas ?

Regarde..

PICT2776_4

Posté par VALLISNERIA à 05:43 - photos - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 11 octobre 2009

viens, approche

Viens, approche ..

que je te dise..

que je te dise précisément

ce qu’il va se passer ..

V06Ta

dès qu’on aura

un jour

une heure

ou bien l’éternité..

Posté par VALLISNERIA à 05:26 - photos - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

samedi 10 octobre 2009

Danser

Danser ?

tu veux bien dire m’emporter me transporter me soulever me réconcilier avec le monde entier ? m'oublier oublier le monde la laideur la méchanceté fermer les yeux me laisser aller entre tes bras tu veux bien dire danser

avec toi ?

Posté par VALLISNERIA à 06:47 - des mots - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

vendredi 9 octobre 2009

P.P.D.V.

vall14

Quand je défais ton corps sage
je lis en toi comme dans un livre ouvert

Thomas Déodate

Posté par VALLISNERIA à 07:40 - photos - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

P.P.D.V. : l'étau se resserre

Miss Anis : Plan Personnalisé de Départ Volontaire

Photaphil : Personal Prise De Vue

Ox et Jori : Petite Pipe Divinement Voluptueuse

Photaphil : Private Photographie of a Day by Vallisnéria

Miss Anis : Plan Personnel De Développement

Miss Anis : Perte de Points de Vie

X-Addict (qui m'invente des initiales): Prière pour implorer le Pardon à Sainte Coquine

X-Addict (qui vient de s'apercevoir qu'il a inventé des initiales): Prière Pour Dévote Vaillante

Bon ! yen a pas une seule de correcte ! si ce n'est Photaphil qui brûlebrûlebrûle !

Mon Anisette, t'es la plus appliquée de mes élèves, tu m'as déjà rendu trois devoirs !! alors c'est pas un gage que tu auras, c'est une image !!!

31874027

Quant à toi Fazounette, tu te mets au fond pour pouvoir mieux rêver et après tu te plains de ne pas savoir de quoi on parle ..? ;-)

Je laisse le mot de la fin à Ahbyb, et j'en profite pour te rassurer : ben non je n'ai pas l'intention de vous quitter, cet espace est aussi le votre tu le sais bien, et puis comment pourrais je le faire quand on me dit des choses aussi gentilles et aussi belles ?

N.B. m'en veuillez pas, j'ai voulu insérer les liens vers votre blog sur chacun de vos pseudos, mais ça m'a fichu une pagaille pas possible : les phrases étaient toutes mélangées, non pas qu'elles ne le fussent pas habituellement, mais disons qu'elles le sont dans l'ordre que je leur donne ;-) enfin, jme comprends .. oui donc, après deux tentatives (vous connaissez mon seuil de tolérance.. rhm) j'ai été obligée de les retirer pour vous livrer tout de même ce billet si intellectuel qu'il eût été regrettable, vous en conviendrez, que vous n'en prissiez pas connaissance ..

http://partoutchezsoi.canalblog.com/archives/2009/10/08/12855777.html#c27834418

Posté par VALLISNERIA à 06:55 - entre nous - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 6 octobre 2009

P.P.D.I.

MyewpPWFHdkt5zdkIxvZaGCx_500

Chers amis,

cette fois c’est décidé : je mets le blog en pause.

D’abord parce que comme le souligne ma chère Fazou, je ne suis plus très là.

En fait c’est la seule raison.

Je ne suis plus très là.. non pas que je n’écrive plus - vous savez bien que l’écriture est ma respiration.. mais je n’arrive plus à me rendre disponible pour vous, et je n’aime pas l’idée que vous puissiez passer ici, constater mon absence et croire que c’est de l’indifférence.

Ça n’en est pas.

Bien sûr, certains diront qu’un blog est par définition un endroit de passage éphémère et qu'un bloggueur peut très bien disparaître comme cela, d' un simple clic. Que ça n’empêche pas la terre de tourner, c’est la vie comme on dit, et puis c’est seulement de la virtualité.. Ben oui mais la virtualité, c’est important ..

La virtualité même parfois, c’est la seule chose qu’il nous reste.

De toutes façons, je n’aime pas le mot "virtualité". Enfin plus exactement, je n’aime pas le sens qu’on lui donne - virtuel, par opposition au réel. Les relations qui se construisent à travers et au-delà du blog, elles ne sont pas réelles, peut être ? Et les personnes qui sont devant l’écran, c’est quoi ? Des fantômes ?

Cette pause à durée indéterminée est donc l’occasion, chers vous, de vous dire tout ce que vous m’avez apporté et à quel point vous m’avez fait du bien. D‘une certaine façon je me suis attachée à vous - même aux cruels qui passent leur temps rien qu’à se moquer de mon âge ;- )

Lorsque j’ai commencé le blog, (le premier s’appelait Sous Entendu, ensuite il y a eu Tout Simplement, sur lequel j’ai cheminé un moment avec Thomas) oui donc, sur mes premiers blogs je faisais de petits pas timides ..je me posais toutes sortes de questions, par exemple : que dire (ou ne pas dire) ? Que montrer ?

Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre.. Pour peu qu’on lui permette de vivre, évidemment.

Je croyais vous apprivoiser, alors que c’était l’inverse..

Je croyais vous séduire, et c’est vous qui m’avez charmée.

De cela je vous aime, et de cela je vous remercie infiniment.

Posté par VALLISNERIA à 09:45 - entre nous - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 1 octobre 2009

douce

j'ai l'impression que ma peau

devient de plus en plus douce..

PICT50871a0Er2

est-ce à force de la caresser, le soir, lorsque je pense à toi ?

Posté par VALLISNERIA à 21:34 - mon petit coeur qui bat - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

tomber

1

Tomber amoureuse d‘un homme marié.

"tomber", c’est le bon mot. Une chute.

On se heurte à cette convention, le mariage. Il y a quelque chose de très excitant à faire l’amour avec un homme marié, excitant et paradoxal, plusieurs notions se mélangent.. Ne jugez pas mes mots svp. Ce ne sont pas (plus) des actes, juste des sensations. En fait c’est assez difficile d’aller au bout des choses quand on veut être sûr de ne blesser personne. On n’est jamais libre, jamais.

Une fois, j’étais chez des amis, c’était il y a longtemps, j’étais toute jeune. Il y avait plein de monde et l’hôte me draguait. Ça avait commencé comme ça. C’est lui qui préparait le repas donc il était dans la cuisine et comme j’y allais pour aider il me pelotait. Il me pelotait sans arrêt, il me touchait le bras, un bout de peau qui dépassait de la manche, le sein à travers le tissu, il me volait des baisers et les autres autour ne se rendaient compte de rien, c’était terriblement excitant, c’est la même sensation que de sortir sans culotte ou de se faire caresser sous la nappe à une table pleine d’invités. Ou au ciné, c’est terrible le ciné, aussi.

Mais bref pour en revenir à ce que je vous disais, j’avais été excitée à mort, mais il y avait son épouse, et puis j’étais.. non pas timide, je ne crois pas l’être, mais.. contrainte.
Voilà : contrainte.

Avec un C comme culpabibilité.

Posté par VALLISNERIA à 14:04 - back to the past - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 28 septembre 2009

der Junge ..

prise_de_vie_2

© photo Prises de Vie

Ce qui me surprend le plus lorsque je repense à cette scène, c’est la tendresse sans bornes que j’éprouvais pour Gabi, Gabi qui voulait avoir un-bébé-toute-seule. Comme moi.

Jamais, avant de faire remonter pour vous ces souvenirs, jamais je n’avais fait le rapprochement entre cette affinité troublante qui nous unissait profondément et ce désir commun que nous avions, un désir qui nous aurait probablement soignées si seulement ..

Mais revenons à cette soirée, à ce banc où je suis assise, timide.. Oui, parce que timide, je le suis encore. C’est un trait de personnalité que j’ai très vite intégré, en même temps que la faculté de n’être jamais vue en compagnie de garçons, sous peine de représailles paternelles particulièrement senties.

Voilà donc une Vallis que vous ne connaissez pas : docile, contrainte, son corps de liane dans une jupette qui s’arrête bien sagement au genou.

La cloche du village sonne au loin. Je regarde le ciel, suis avidement des yeux la gracieuse nuée d’oiseaux qui virevolte dans la nuit, petites taches brunes qui dansent aux cieux avec une grâce surnaturelle.. Et là, Bruno se penche, il se penche vers moi. Je me rappelle encore de ma surprise lorsque soudain j‘ai vu surgir son visage devant le mien, je me rappelle de ses yeux d’un bleu si tendre, de la porcelaine pure, plus claire encore que la chicorée sauvage.. Bruno est là, il m’offre sa main douce et chaude. Je me tourne vers Gabi, incrédule, mais mon amie s’éloigne en riant après avoir eu, d’un geste large des bras, un mouvement comme pour nous rassembler.

Bruno m’entraîne à l’écart du petit groupe. Nous franchissons un ponton en bois qui évite de s’enliser dans la tourbe.. Il se place en face de moi et je sens que quelque chose d’important va se passer.. par-dessus son épaule, je repère des myrtilles et une petite araignée dolomède cachée entre deux herbes, les sphaignes imprégnées d’eau que jamais plus je n‘oublierai..

Puis d’un seul coup, c’est là. Il pose ses lèvres sur les miennes. Elles sont moelleuses et tièdes. Le souffle court, je ferme les yeux, avec l’impression d’avoir le tournis. Il va se passer quelque chose, c'est sûr, quelque chose que je ne connais pas, quelque chose qu’aucun garçon ne m’a jamais fait. Sur ma taille, ses mains s’occupent à une besogne mystérieuse lorsque soudain je sens, au milieu de mes lèvres, une pointe serpentine qui se faufile tout au creux de ma bouche, m‘emprisonne d‘abord la langue, la remonte tout doucement, la tète, repart en tournant, caresse l‘intérieur de mes joues.. tout mon corps, réceptif à hurler, se met à frissonner. Jamais on m’a fait un truc aussi bon, jamais. Et le voilà qui me suce les lèvres, les lèche, disparaît de nouveau tout au fond de ma bouche, m’ondoyant de sa salive qui coule doucement sur mon menton, le voilà qui s’éloigne, à peine, pour me réinvestir encore plus profond, encore plus gourmet, encore plus doux et juteux .. j’ose à peine bouger tellement j’ai peur si je fais le moindre mouvement que la magie s’arrête. Bruno me lèche les lèvres, les déguste à petits lappements fébriles, descend légèrement sur mon cou pour le saccager de suçons désordonnés et revient à ma bouche, vite, il la fouille de sa langue impudique et experte. Je suis terrassée de volupté.. je veux que ça ne s’arrête jamaisjamaisjamais, je crois que je ronronne, je geins, je gémis, je plie, je ploie, j’ondule, je tombe, je suis ivre .. la houle du plaisir me fait danser comme un bateau perdu, tu le sens, n’est-ce pas Bruno que tu le sens, sinon comment expliquer que ton baiser, mon premier baiser, fut le plus long de tous ceux que j’ai reçus ?

Posté par VALLISNERIA à 06:05 - back to the past - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

der Junge mit der Mundharmonica

Bruno eut par la suite l'extrême bonté

13953434_p

de renouveller ses cours

2I9GYNdKK8jrh6gpDEbK1pCm_500

à chacun de mes séjours chez ma corres ..

Ben quoi ..

je venais pour me perfectionner en langue, non ?

;-)

clic clic ici

Posté par VALLISNERIA à 05:31 - back to the past - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 25 septembre 2009

Gabi

prise_de_vie_1

© photo Prises de Vie

Le paysage silencieux, presque mélancolique, d’un petit bois à l’orée du village où, pendant les vacances scolaires, je loge chez ma correspondante allemande .. je marche dans la nuit, ivre d‘exaltation parce que jamais au grand jamais, mes parents ne me laissent sortir ainsi le soir, et encore moins au milieu d’une bande joyeuse où les garçons comme des dieux las avancent à grandes enjambées tranquilles, offrant aux filles un bras théâtralement désabusé. Sauf à moi. Parce que moi, je me serre contre Gabi. Ou plus exactement, Gabi se serre contre moi, de tout son corps rond et chaud et blond, un bras glissé sous le mien et l‘autre qui me tient par la taille. De la sentir ainsi, je voudrais tellement la prendre dans mes bras, rouler vers elle, vers son innocente tièdeur et ses mystères.. Ô Gabi, Gabi ma sœur, mon Amérique à moi, j’aurais tellement aimé que le hasard des échanges épistolaires me dirigeât vers toi plutôt que vers Jutta dont je suis si différente ! Mais c‘est ainsi, et nous avançons dans un désordre solennel, conquis par une saine joie de vivre. Ça chahute un peu, je cherche en vain à comprendre ce qui se dit - c‘est mon premier séjour et je n’ai encore que quelques bribes d’allemand, insuffisantes en tout cas pour tenir une conversation. Dans mon cou, la bouche de mon amie déroule des rubans de confidences, elle chante, elle bavarde, je finis par comprendre qu’elle veut un bébé, elle veut que Bruno lui fasse un bébé, elle l’appellera Uwe, et la voilà qui renverse à ma rencontre son merveilleux regard clair que le plaisir allume de paillettes dorées. Elle rit, son souffle halète un peu, je me rends compte que j’ai une envie folle de m’approcher d’elle, de cueillir sa bouche comme une belle cerise. Nous nous posons sur un banc, des couples se forment, Bruno n’est pas loin. Il se sait sollicité par Gabi, il rit, s’approche, s’assied de l’autre côté. Entre nos deux corps, celui de Gabi irradie une chaleur enchanteresse. Qu‘elle est belle, toute en crinière d’or, en courbes, en déliés, en rondeurs, hallucinante de gaieté ! Mon cœur bat à se rompre.. est-ce la honte de vouloir si fort poser sur ses seins ronds mes phalanges qui auraient feint l‘égarement d‘une errance fortuite ? ..

banc

© photo G de B

Posté par VALLISNERIA à 07:50 - back to the past - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

lundi 21 septembre 2009

Στέφος

1meteores_14_agios_metamorphossisr

Imaginez une zone montagneuse à perte de vue, une route qui n’a de route que le nom (en français nous aurions plutôt appelé ça un chemin impraticable) et vous voilà au pied de rochers au milieu de nulle part, envoyés là par les dieux pour permettre aux ascètes de se retirer et de prier (c’est en tout cas ce que dit la légende).

Imaginez-vous au pied d’un de ces rochers, chantant presque devant tant de beauté, guillerette et vous sentant des ailes à l’idée de gravir le chemin rocailleux qui vous mènera jusqu’aux cieux.

Bon, certes, il fait une chaleur de plomb. En plus, ça monte, c’est horrible.

Vous avez beau être jeune et agile comme le roseau qui vient de naître, cette escalade vous donne la furieuse impression de vous humilier pour un bon million d’années.

Mais passons.

Vous finissez par arriver en haut.

Dégoulinante de sueur.

La langue qui traîne par terre.

Et là, oui là, on vous annonce froidement qu’il n’est pas question de rentrer dans le monastère avec une robe au dessus du genou et les épaules dénudées.

Oui, parce que vous êtes une fille.

Très jeune.

Et surtout très légèrement vêtue.

Bon ceci dit pour les moins jeunes c’est pareil (s‘agit pas de distraire les moines de leurs méditations) ..;-)

Pour pouvoir pénétrer dans le monastère, vous voilà donc tenue de vous affubler d’un long manteau de laine noire, un truc bien épais et bien lourd qui vous recouvre du cou jusqu’aux chevilles et que vous serrez bien docilement contre vos minimini mais néanmoins existants seins sous la toujours chaleur de plomb.

Et là, oui là, vous vous dites que vraiment, ya une justice en ce bas monde : vous découvrez un panorama à couper le souffle, un truc d’une beauté indescriptible, inoubliable,

- et que d’ailleurs, je n’ai jamais oublié - la preuve, c’était il y a .. glps - beaucoup d’années !!

Alors, me demanderez-vous avec votre perspicace perspicacité, les moines, est-ce qu’ils se tapent ce chemin rocailleux sous une chaleur de plomb chaque fois qu’ils ont envie d’aller siffler un ouzo ?

Que nenni. Ils s’installent dans un fort pratique panier qui monte et descend avec un système de poulies.

C’est en tout cas ce que Stephos m’avait expliqué (en anglais) le soir même. Ceci dit, cela ne me posa pas vraiment de problème existentiel dans la mesure où j’étais complètement hypnotisée. Pas par son anglais (qui était très approximatif) mais par le fait qu’un "vieux" (il devait avoir vingt ans, facile) puisse s’intéresser à une petite nana aussi insignifiante que moi.

Pourtant, quand je regarde les photos, certes la fille que je vois est toute jeune, mais je vois aussi une taille fondante, si fine qu’elle semble s’étrangler au-dessus de l’évasement des hanches rondes, une peau dorée, et une chevelure longue comme une gerbe de fleurs odorantes .. Oh comme j’aimais l‘odeur de mes cheveux !! une odeur chaude et ambrée.. Et j’imagine aujourd’hui comme Stephos a dû s’enivrer lorsqu’il y avait noyé son visage tandis que la musique nous emportait, - il avait bien sûr commencé par me montrer les pas du traditionnel sirtaki, puis la nuit tombant, la musique nous avait emportés vers d’autres élans, mon corps si réceptif comprenait déjà plus vite que ma tête, il tournait, virevoltait, précédait les intentions de Stephos avec la même intuition que lorsque beaucoup plus tard, j’apprendrais à faire l’amour.. j’aimais avoir ma joue contre sa poitrine (il était très grand), sentir vibrer son ventre contre le mien, je voulais que ça dure toujours, qu’au milieu du petit cercle des autres danseurs, nos noces ne s’arrêtent jamais, un-deux, un-deux-trois, attention Vallis, tu n’es qu’une plume, il va te soulever et t’emporter, il peut tout faire avec toi tu le vois ? Tu le vois comme il te prend et t’enlève et comme tu retombes sur tes pattes de gazelle, le dos appuyé à un cyprès dans la nuit étoilée ? tu te sentais tellement petite et pitoyable, sans couleur, et pourtant légère légère si légère tu te rappelles ? tellement légère quand dans ses mains il a pris les tiennes, tombant à tes genoux, t’attirant contre lui, et balbutiant des mots que tu ne comprenais pas.. matakia mou..cardia mou .. tu ne comprenais pas mais tu entendais bien, tu entendais tout, d’ailleurs jamais jamais tu n’as rien entendu d‘aussi beau, cette voix brûlante qui te coulait partout, mettait des traces sur ta peau, et cette voix tu l’as gardée pour toujours comme un cadeau précieux, ses mots si chauds et si doux que tu ne comprenais pas tu les as gardés, il s’arrêtait pour te dire en anglais qu’il ne voulait pas te faire du mal mais toi tu n’avais pas envie de l’empêcher de te faire quoi que ce soit, pas du tout, et encore moins quand tu as senti ses lèvres à la mitan de toi, tu ne savais pas qu’il existait des choses aussi bonnes, tellement bonnes qu’à la fin tu as bien été obligée de gémir, et de gémir encore, infiniment, il gémissait aussi, et vint le moment où tes jambes ne pouvaient plus te porter, elles ont ployé et toute ta vie avec, Stephos t’a couchée sur le sol ou alors tu es tombée ? tu ne sais plus, tout ce que tu sais c’est qu’il recommençait à parler, il disait qu’il ne s’arrêterait jamais, ah tu comprenais le grec à présent ! tu le comprenais même de mieux en mieux, tu tenais ses cheveux, sa chevelure épaisse et brune qui sentait si bon, tu la tenais fort comme une rassurance dans cette perdition, et tu respirais à petits coups, pour trouver la force de ne pas être forte, de n’être rien, rien qu’une petite nana recroquevillée au bout de cette bouche brûlante ..

photo_grece_photo_meteores_21

Posté par VALLISNERIA à 06:43 - back to the past - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

== Publicité ==


Page suivante »