samedi 7 novembre 2009
quelque chose de dur
C’est l’histoire d’une nana qui passait sa vie sur la défensive. Mutilée dans son cœur, mutilée dans son corps, et comment aurait il pu en être autrement ? Des fois, on démarre dans l’existence à perdre un temps fou, car toute l’énergie est consacrée à la survie, à la résistance, et une fois sortie du joug, tout est à commencer, à découvrir, à apprendre. C’est l’histoire d’une nana qui n’arrivait pas à s’abandonner. Fallait toujours qu’elle garde le contrôle, voyez. Elle ne savait pas que c’était ça. Mais pourtant c’était ça. Et puis un jour, elle l’a revu. Ça faisait tellement longtemps. Yavait eu, autrefois, une tentative de rapprochement de sa part à lui, il avait pris son visage entre ses mains et il bandait tellement fort qu’elle avait aperçu son petit bout rose qui sortait du pantalon.. mais elle l’avait planté là, elle était partie, elle avait eu peur, peur du pouvoir de ce désir pour elle, peur de la place qu’il voulait prendre, elle ne savait plus trop. Et leurs chemins avaient fini par s’écarter. Puis yavait eu son coup de fil, cette surprise incroyable qu’il ait gardé son numéro de téléphone à elle. Que voulait il, après tout ce temps ? La revoir. Pour quoi faire ? elle s’en fichait pas mal de lui. Il était au rendez-vous, au lieu dit, boulevard Denain. Il était là, moins grand que dans son souvenir. Il pleuvait et les lumières se reflétaient sur les trottoirs mouillés. Elle lui avait fait la bise, peut être, ou peut être pas, elle ne se rappelait plus. Il n’avait pas déjeuné, et elle, avait-elle faim ? Non. Non. Elle voulait marcher, simplement marcher, sous la pluie. Puis les mots étaient venus, par petits jets. Elle marchait beaucoup plus vite que lui, elle fuyait quelque chose sans doute, les mots qu’il disait, son intérêt pour elle, tout ce qu’il n’avait pas oublié. Son désir elle le sentait, son désir à lui de chercher ses hanches, de saisir sa taille tendre. Le cœur commençait à lui tourner. La pluie s’était arrêtée. Eux aussi. C’est là que c’était arrivé. Il l’avait prise dans ses bras, très doucement. Elle n’avait pas bougé. C’était la première fois. La première fois qu’elle se laissait prendre ainsi, un peu comme si quelque chose de dur avait fondu, s’était ouvert, qui attendait. Il la pressait contre lui, et tout doucement, sa joue rencontra la sienne. Et le temps s’arrêta. Et il se fit un grand silence intérieur, une suspension de toutes les pensées, de toutes les émotions, l’être entier à l’écoute de la naissance du miracle - ce miracle rare et précieux auquel nul ne peut résister : deux peaux qui se parlent.
lundi 26 octobre 2009
ya pas
ya pas qu'le Q
dans la vie ..
mais bon Dieu
QU'C'EST BON !!!!!
vendredi 16 octobre 2009
Elle est curieuse Vallis
Lorsqu’un lien particulier se noue à grand renfort d’échanges virtuels de plus en plus intimes, lorsque vous échangez tant et tant sans jamais vous caresser de la voix ni des doigts, est-ce que vous avez envie de passer à la rencontre réelle ?
Et si oui, réussissez-vous à faire abstraction de tout ce qui a été projeté et imaginé pour vous rendre sensible à l'imprévu d'un vrai regard, d'un vrai sourire ?
lundi 28 septembre 2009
der Junge ..
© photo Prises de Vie
Ce qui me surprend le plus lorsque je repense à cette scène, c’est la tendresse sans bornes que j’éprouvais pour Gabi, Gabi qui voulait avoir un-bébé-toute-seule. Comme moi.
Jamais, avant de faire remonter pour vous ces souvenirs, jamais je n’avais fait le rapprochement entre cette affinité troublante qui nous unissait profondément et ce désir commun que nous avions, un désir qui nous aurait probablement soignées si seulement ..
Mais revenons à cette soirée, à ce banc où je suis assise, timide.. Oui, parce que timide, je le suis encore. C’est un trait de personnalité que j’ai très vite intégré, en même temps que la faculté de n’être jamais vue en compagnie de garçons, sous peine de représailles paternelles particulièrement senties.
Voilà donc une Vallis que vous ne connaissez pas : docile, contrainte, son corps de liane dans une jupette qui s’arrête bien sagement au genou.
La cloche du village sonne au loin. Je regarde le ciel, suis avidement des yeux la gracieuse nuée d’oiseaux qui virevolte dans la nuit, petites taches brunes qui dansent aux cieux avec une grâce surnaturelle.. Et là, Bruno se penche, il se penche vers moi. Je me rappelle encore de ma surprise lorsque soudain j‘ai vu surgir son visage devant le mien, je me rappelle de ses yeux d’un bleu si tendre, de la porcelaine pure, plus claire encore que la chicorée sauvage.. Bruno est là, il m’offre sa main douce et chaude. Je me tourne vers Gabi, incrédule, mais mon amie s’éloigne en riant après avoir eu, d’un geste large des bras, un mouvement comme pour nous rassembler.
Bruno m’entraîne à l’écart du petit groupe. Nous franchissons un ponton en bois qui évite de s’enliser dans la tourbe.. Il se place en face de moi et je sens que quelque chose d’important va se passer.. par-dessus son épaule, je repère des myrtilles et une petite araignée dolomède cachée entre deux herbes, les sphaignes imprégnées d’eau que jamais plus je n‘oublierai..
Puis d’un seul coup, c’est là. Il pose ses lèvres sur les miennes. Elles sont moelleuses et tièdes. Le souffle court, je ferme les yeux, avec l’impression d’avoir le tournis. Il va se passer quelque chose, c'est sûr, quelque chose que je ne connais pas, quelque chose qu’aucun garçon ne m’a jamais fait. Sur ma taille, ses mains s’occupent à une besogne mystérieuse lorsque soudain je sens, au milieu de mes lèvres, une pointe serpentine qui se faufile tout au creux de ma bouche, m‘emprisonne d‘abord la langue, la remonte tout doucement, la tète, repart en tournant, caresse l‘intérieur de mes joues.. tout mon corps, réceptif à hurler, se met à frissonner. Jamais on m’a fait un truc aussi bon, jamais. Et le voilà qui me suce les lèvres, les lèche, disparaît de nouveau tout au fond de ma bouche, m’ondoyant de sa salive qui coule doucement sur mon menton, le voilà qui s’éloigne, à peine, pour me réinvestir encore plus profond, encore plus gourmet, encore plus doux et juteux .. j’ose à peine bouger tellement j’ai peur si je fais le moindre mouvement que la magie s’arrête. Bruno me lèche les lèvres, les déguste à petits lappements fébriles, descend légèrement sur mon cou pour le saccager de suçons désordonnés et revient à ma bouche, vite, il la fouille de sa langue impudique et experte. Je suis terrassée de volupté.. je veux que ça ne s’arrête jamaisjamaisjamais, je crois que je ronronne, je geins, je gémis, je plie, je ploie, j’ondule, je tombe, je suis ivre .. la houle du plaisir me fait danser comme un bateau perdu, tu le sens, n’est-ce pas Bruno que tu le sens, sinon comment expliquer que ton baiser, mon premier baiser, fut le plus long de tous ceux que j’ai reçus ?
vendredi 25 septembre 2009
Gabi
© photo Prises de Vie
Le paysage silencieux, presque mélancolique, d’un petit bois à l’orée du village où, pendant les vacances scolaires, je loge chez ma correspondante allemande .. je marche dans la nuit, ivre d‘exaltation parce que jamais au grand jamais, mes parents ne me laissent sortir ainsi le soir, et encore moins au milieu d’une bande joyeuse où les garçons comme des dieux las avancent à grandes enjambées tranquilles, offrant aux filles un bras théâtralement désabusé. Sauf à moi. Parce que moi, je me serre contre Gabi. Ou plus exactement, Gabi se serre contre moi, de tout son corps rond et chaud et blond, un bras glissé sous le mien et l‘autre qui me tient par la taille. De la sentir ainsi, je voudrais tellement la prendre dans mes bras, rouler vers elle, vers son innocente tièdeur et ses mystères.. Ô Gabi, Gabi ma sœur, mon Amérique à moi, j’aurais tellement aimé que le hasard des échanges épistolaires me dirigeât vers toi plutôt que vers Jutta dont je suis si différente ! Mais c‘est ainsi, et nous avançons dans un désordre solennel, conquis par une saine joie de vivre. Ça chahute un peu, je cherche en vain à comprendre ce qui se dit - c‘est mon premier séjour et je n’ai encore que quelques bribes d’allemand, insuffisantes en tout cas pour tenir une conversation. Dans mon cou, la bouche de mon amie déroule des rubans de confidences, elle chante, elle bavarde, je finis par comprendre qu’elle veut un bébé, elle veut que Bruno lui fasse un bébé, elle l’appellera Uwe, et la voilà qui renverse à ma rencontre son merveilleux regard clair que le plaisir allume de paillettes dorées. Elle rit, son souffle halète un peu, je me rends compte que j’ai une envie folle de m’approcher d’elle, de cueillir sa bouche comme une belle cerise. Nous nous posons sur un banc, des couples se forment, Bruno n’est pas loin. Il se sait sollicité par Gabi, il rit, s’approche, s’assied de l’autre côté. Entre nos deux corps, celui de Gabi irradie une chaleur enchanteresse. Qu‘elle est belle, toute en crinière d’or, en courbes, en déliés, en rondeurs, hallucinante de gaieté ! Mon cœur bat à se rompre.. est-ce la honte de vouloir si fort poser sur ses seins ronds mes phalanges qui auraient feint l‘égarement d‘une errance fortuite ? ..
© photo G de B
vendredi 18 septembre 2009
pourquoi
Pourquoi ??
Pourquoi quand t’es parti ça m’a fait aussi mal ? cette attaque au-dedans, comme vidée, comme cassée, comme amputée de toi ?
Pourquoi cet affolement à l'heure où le soir tombe ? cette béance qui me vient, cette peur qui m‘étreint et qui dévaste tout, et mon cœur et mon ventre que tu n’éteindras pas ?
jeudi 3 septembre 2009
le soir
photo Frédéric Pavot (<< CLIC CLIC)
La journée, passe encore.
C’est le soir, au moment où je me glisse entre les draps de mon grand lit froid..
Alors je t’emporte sous mes paupières baissées, comme un bon vin qu’on garde en bouche avec de petits claquements de lèvres gourmands .. Quelque chose se consume en moi, quelque chose de fougueux et de lancinant volant autour du lit comme un oiseau tombant infiniment.. Je rêve.. Je rêve de glisser la main dans l’encolure de ta chemise blanche, de déléguer des doigts curieux, un peu tremblants, sur le pelage tiède que je voyais briller dans le soleil. Je rêve que je t'embrasse, que je t’enlace, j’ai la sensation de m’enfoncer dans un puits de miel tiède, un puits sans fond qui me fait gonfler, je vois mes doigts écartés se glisser sur ta peau, géniaux d’improvisation, je vois tes mains répondre à mon étreinte et je sens dans mon oursin trempé des petits battements - on dirait des petits cœurs affolés.. puis des vagues m’irradient à une vitesse de folie.. mon désir me gave d’audace, je me vois à cheval sur toi, avec entre mes cuisses l’impérativité d’être remplie de toi. Alors je cherche un endroit où nous rêver pour que la scène puisse se dérouler .. une rue. On marche vite. Vitevite. Tu me tiens par la taille, serrée, tu me tiens fort. Je sens tes mains, comme le jour où on s’est vus, je sens leur chaleur, mais au lieu que ce soit sur mon bras c’est sur mes reins. Une femme entre dans un immeuble, laissant la porte entrebâillée. On la suit pendant qu‘elle disparaît, la cour est sombre et sent l’humidité. Me voilà haletante, je quitte mon slip à toute vitesse, je le fourre dans la poche de ta veste, et toi aussi tu te défais, juste la braguette. De petits courants électriques fourmillent le long de ma colonne et sur mon cou balayé par le souffle chaud de ta respiration.. Je suis stone, complètement stone. Tétanisée.. L’incendie s’étend partout, mes doigts agrippent tes épaules. Les tiens se posent sur le haut de mes cuisses pour mieux les écarter, appellent mes hanches d’une pression autoritaire, me faisant gémir de volupté, de consentement, de gratitude.. .. et puis tu viens, enfin tu viens, tu te plantes au cœur tendre de ma fleur velue qui chante tes louanges avec de petits bruits comme une touffe d’algues chaudes dans une mer en furie. Bien sûr, mon plaisir vient tout de suite, une vague brûlante qui coule sur toi. Je te repousse doucement, je me retourne et je me cambre, accoudée sur le mur froid de tout mon poids ..
samedi 1 août 2009
elle
Depuis qu’on s’est vus je ne pense qu’à elle, ta bouche, ta bouche tellement faite pour être sucée croquée léchée, mon Dieu rien que d’y penser je ruisselle ! tenir ton visage, sentir la peau de tes joues au creux de mes mains, et ce petit moment suspendu là, juste avant que je me pose sur tes lèvres douces, dans le mouillé de ta bouche, regarde ! Est-ce que tu vois ce qui se passe quand une femme insignifiante se met à gonfler de partout ? À s’ouvrir, à couler ..à gémir à rêver .. Dieu que tu es bon ! rends moi mon baiser je t’en prie rends le moi, laisse toi porter par la vague, tu vas voir comme je vais te faire du bien, à courir doucement sous ta chemise blanche, renifler ton cou, tes aisselles, et ton ventre mon Dieu ! J’en rêve, j’en rêve de sentir ta peau, tes petits poils dorés, j’en rêve de te voir, de te palper, de te lécher, d’être imprégnée de ton odeur, la vraie odeur de toi, celle que je ne connais pas.. Abandonne toi, laisse toi aller comme je suis en train de le faire.. regarde, ma tête s’enfonce dans l’oreiller de plume, et je tombe progressivement au fond d’un long puits velouté, c’est le puits de ton corps, ça me fait du bien partout, quelque chose de fougueux et de tendre à la fois, quelque chose qui n’en finit pas de psalmodier les mêmes étincelles, un feu d’artifice ! celui de tes yeux de ta bouche des poils sur ton torse .. j’imagine ma main posée dessus tout doucement, à te caresser, ta peau, tes grains de beauté, tes poils encore, cette tiédeur de toi comme une île, et tes mains que je caresse aussi, tes cuisses à travers le pantalon noir, et chaque fois tu sais j’ondule de partout, et je coule mon Dieu que tu me fais couler ! Regarde sur la photo, regarde comme je gonfle comme je m’ouvre quand je pense à toi, quand je pense à tes doigts mon Dieu tes longs doigts qui m’écartèlent m’élargissent investissent toute la place, je voudrais tellement que tu me tiennes, que tu me tiennes entre tes cuisses serrée, que tu cherches l’asile profond de ma gorge, que tu le forces, que tu m’étouffes, que tu me distendes, que tu me peuples par tous les trous, je voudrais ça tu sais, et m‘empaler sur toi, happer ta bite de ma chatte goulue, huileuse, tu sais ça te ferait comme quand je me caresse en pensant à toi, tu la sentirais se resserrer autour de ta queue, se contracter comme une ventouse bouillante qui te la pompe et la recrache à une vitesse de folie, tu aimerais ça dis ?
mercredi 15 juillet 2009
cent heures
ton odeur sur ma peau pour combler le manque
ton parfum comme un baume sur une plaie béante,
toi comme une petite vague qui toujours monte en moi,
toi lorsque tu n’es pas là ..
car tu n’es pas là
tu pars, toujours tu pars puisque ta vie est avec elle
et tu me laisses, infiniment,
avec le cœur vacant
comment je fais pour à chaque fois survivre à ça ?
vendredi 10 juillet 2009
dimanche dans le jardin
Dimanche matin, un jardin parisien. Tu es assis, tu prends des notes dans un carnet. Tu as un pantalon noir, serré. Un bracelet de perles au poignet. Tu dégages tellement de .. comment dire. De tendresse. Tu es le lait de la tendresse. Elle émane de toi, à la fois forte et fragile, elle se propose tout en douceur, sans contrainte. Elle transparait dans ta voix, dans l’attention que tu me portes, quand tu me regardes, quand tu me touches .. c’est énorme, tu sais. C’est énorme ce que tu me donnes ce matin là. Et puis tu me quittes, et tu n’as plus de nom, pas plus de nom que le ciel. Et je te porte en moi, présence sans nom, et je te fais surgir et te transmets quelques caresses tendres que j’ignorais naguère encore. Tout se passe au-dedans de moi, là où tout est spacieux - il n’y a pas de temps, pas de frontières, et tout se passe là. Et me voilà parcourant les rues de Paris, comme je les prends parfois, me voilà plongée dans ta présence, pendue à ton cou, au rythme mélodieux de ta voix .. mon Dieu ta voix ! où que je sois au monde, je l’entendrai encore, à l’intérieur de moi, là où se déroule ma vraie vie, là où, en moi, cette part de toi a vie éternelle.
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